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Welcome to New York

Il y a plusieurs choses discutables dans le film d’Abel Ferrara que j’ai pu voir hier sur un site légal  de streaming (qui ne m’a pas demandé d’argent pour l’instant, donc pourquoi se priver ?) avec Gérard Depardieu :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Welcome_to_New_York_%28film%29

comme par exemple réaliser une nième oeuvre sur cette affaire, endossant l’hypothèse du viol de Nafissatou Diallo par DSK, qui n’est qu’une hypothèse, pas la plus probable à mon avis, mais ce n’est pas ici le lieu d’en discuter.

et de plus affirmer implicitement que le père d’Anne Sinclair s’est mal conduit en 1945…je ne suis pas au courant de la vie de ces grands bourgeois, et ne veux pas l’être, mais au moment (en 2014) où l’antisémitisme connaît un réveil terrifiant au niveau mondial, il me semble que..enfin c’est son droit après tout.

De plus les scènes de sexe (au début, avec les call girls)n’apportent rien et auraient pu être tout simplement suggérées, cela aurait raccourci le film qui est trop long.

Car le thème du film ce n’est pas le sexe, mais ce qui est « derrière la scène » du sexe: à savoir « notre besoin de consolation est impossible à rassasier »….l’enfer.

Or cela est expliqué , un peu avant  la fin du film , lors du monologue de nuit de Depardieu qui revient sur son « itinéraire »:

– il a trouvé « Dieu » non pas dans une église ou une synagogue mais à l’université dans ce qu’il appelle « idéalisme » et qui est en gros le rêve fumeux et gauchisant de ces années là (autour de 1968) : partager les richesses, « à chacun selon ses besoins », établir l’égalité réelle, etc…seulement comme les besoins élémentaires une fois réalisés cèdent la place aux désirs qui n’ont pas de limites (seulement celles qu’ils rencontrent dans le choc avec le monde extérieur)….

-ce rêve s’est fracassé sur la prise de conscience effectuée à la Banque mondiale : « la souffrance infinie inhérente à la condition humaine ».

-enfin le constat : « pour moi il ne peut y avoir de rédemption ».

Mais bien sûr ce qu’il appellle « idéalisme » (et que l’anthroposophie appellerait le luciférisme régnant dans le marxisme et ses déviations gauchistes comme dans le nazisme, ou dans les religions, surtout l’Islam à mon avis) n’est pas du tout l’idéalisme véritable, celui de Léon Brunschvicg ou de Fichte, ou celui de Rudolf Steiner avant 1900, dans ses ouvrages philosophiques comme « Vérité et science » ou « La philosophie de la liberté », avant le grand n’importe quoi de la théosophie et de l’anthroposophie de 1901 à 1925.

Idéalisme véritable qui, comme le matérialisme de Comte-Sponville, « refuse de se raconter des histoires », mais s’établit dans la prise de conscience de la « primauté du jugement » (le livre le plus clair là dessus est « La modalité du jugement », la thèse de Brunschvicg en 1897:

http://classiques.uqac.ca/classiques/brunschvicg_leon/modalite_du_jugement/modalite_du_jugement.html

La matière, la « forme de l’extériorité », est seconde.

Je ne vois pas comment on pourrait nier cela en connaissant ce que dit la science contemporaine de cette « matière », qu’elle dissout en idéalités mathématiques.

Or cet idéalisme philosophique (idéalisme mathématisant de Brunschvicg, dans sa forme aboutie) et la conversion spirituelle (et que Brunschvicg oppose aux fausses conversions « religieuses ») qu’il implique et amène, est justement la voie pour échapper à l’enfer.

Salut non pas consistant à se raconter des fables pour se rassurer, mais salut réel.

Mais bien entendu cela reste à vérifier…

sur le même site de treaming j’ai vu la semaine dernière le très beau film « Shame », qui prend à peu près le même thème mais avec une force à mon avis bien plus grande : « Welcome to New york » moins DSK, le Sofitel et Depardieu….

http://fr.wikipedia.org/wiki/Shame_%28film,_2011%29